Le Sénat Américain s'est à nouveau prononcé sur la question des élections contestées du 21 mai.

Dans une résolution en six (6) points adoptée cette semaine, les sénateurs américains ont salué dans un premier temps le peuple haïtien qui a patiemment voté, très largement dans la paix, le 21 mai, en dépit d'un environnement non favorable.

Le Sénat a condamné, "les fraudes électorales commises au détriment du peuple haïtien et la poursuite de l'interruption des institutions démocratiques du pays". Il invite les autorités haïtiennes à intervenir pour que cesse ces manipulations du processus électoral haïtien, et à prendre des mesures immédiates pour que les membres du Conseil Electoral Provisoire (CEP) réduit rapportent les résultats frauduleux déjà publiés.

Le Sénat Américain appelle par ailleurs le gouvernement haïtien à reprendre le dialogue assez rapidement avec le Conseil National d'Observation électoral, le secteur privé, la société civile, pour passer en revue les allégations de fraudes ainsi que les irrégularités observées dans les résultats, et presse les états membres de l'OEA d'envisager des actions conjointes en vue du retour à la démocratie en Haïti.

Les sénateurs américains ont démandé aussi au Président Clinton de suspendre l'assistance des Etats-Unis au CEP discrété, de revoir ses relations politiques et économiques avec Haïti et aussi de travailler avec les autres nations de l'hémisphère pour restaurer la démocratie en Haïti ; dans ce texte, les sénateurs américains ont vigoureusement dénoncé "les violences exercées par des membres du régime Lavalas contre les membres de l'opposition". Ils ont également mis l'accent sur les déclarations du Président du CEP en exil, Me Léon Manus, tout en critiquant les six (6) autres membres de cette institution.

Selon les analystes des questions haitiano-américaines, cette résolution du sénat intervient à un très mauvais moment pour le pouvoir Lavalas, qui tente de brandir le drapeau de la souveraineté nationale, sur le dossier des élections contestées du 21 mai.

D'autre part, un diplomate occidental, qui a requis l'anonymat, nous a confié que la communauté internationale ne fera pas marche arrière, tout en rappelant les prises de positions de la Communauté des Nations, suite au coup d'état de 1991, qui ont conduit à la restauration de la démocratie en Haïti.