Le parlementaire qui était en prison pour implication dans le meurtre du maire de Saint Raphaël , Sernand Sévère , en octobre 2001 , a été blanchi par une décision de la Cour d’Appel . Le député est heureux de bénéficier à nouveau de ses privilèges de parlementaire et de retrouver ses collègues avant de retourner dans sa circonscription.

C’est comme Moïse après la traversée du désert, tout euphorique et avec de l’émotion dans la voix, Jocelyn Saint Louis remercie le ciel et la terre d’avoir quitté les geôles de la prison de Pétion-Ville, son domicile, sa résidence pendant au moins seize (16) mois. Dans une interview accordée à Radio Métropole , peu de temps après sa libération , le jeudi 15 mai 2003, le parlementaire a salué le comportement de la justice haitienne. Et , à peine sorti de sa cellule, le député de Saint Raphaël ne sait par quel bout commencer dans son agenda bourré de projets en souffrance depuis son séjour entre quatre murs loin du Palais Législatif, son lieu de travail officiel. Réconcilié avec la chaleur humaine, l’ambiance de la rue, la confraternité de ses pairs, Jocelyn Saint-Louis ne trouve pas les mots pour décrire son état d’âme. Mais dorénavant, il a une idée de l’atmosphère qui l’attend au Parlement. Une ambiance qui s’annonce chaleureuse dans la mesure où plusieurs collègues s’étaient investis dans la campagne pour obtenir sa libération.

Pourtant, c’est du Parlement qu’étaient parties les hostilités contre Jocelyn Saint-Louis. Le député de Saint Raphael a reçu son premier coup de massue, le 2ème lundi de janvier 2002 lors de la première session ordinaire annuelle du Parlement. Dans l’enceinte même de l’institution, sous les regards dociles des élus du 21 mai 2000, le chef de l’Etat Jean Bertrand Aristide avait donné le ton à ce que serait le devenir de l’affaire Sernand Sévère sur le plan judiciaire en critiquant le comportement du parlementaire . L’intervention de M. Aristide a été suivie de la fronde des maires du Nord. Quelques jours plus tard, les députés avaient emboité le pas en procédant à la levée de l’immunité parlementaire de Jocelyn Saint-Louis, bien entendu sur requête du Parquet de Port-au-Prince. Seize (16) mois après, le député de Saint Raphael renoue avec sa vie parlementaire comme si de rien n’était. Son cas fera peut être jurisprudence car, c’est le premier parlementaire haïtien dont l’immunité a été levée.

Le député de la troisième circonscription de Port-au-Prince se réjouit de la mise en liberté de son collègue. Simpson Libérus , très actif dans ce dossier de même Richel Lafaille , estime qu’il s’agit d’un signe d’encouragement pour le triomphe de la justice en Haiti .