(AHP) Des dirigeants d'Organisations Haïtiennes de Droits de l'Homme ont appelé les autorités judiciaires à travailler à la réussite du procès de Raboteau (Gonaïves).

Dans un document publié à l'occasion du 6 ème anniversaire de ce massacre, perpétré le 22 avril 1994 dans le quartier populaire de Raboteau, la OHDH, la NCHR, le JILAP et MAP VIV ont déclaré que le procès de Raboteau doit inaugurer en Haïti un nouvelle ère de vérité et de justice, comme le réclame les différentes composantes de la société.. Ce procès doit être également l'occasion pour les autorités de faire un bilan du système judiciaire, et d'arrêter des mesures concrètes en vue de mettre fin à la complaisance dont jouissent les auteurs de violations des droits humains. Les dirigeants de ces organisations qui se disent inquiètes et déçues par le fait que les revendications de justice liées au coup d'Etat n'aient jamais été suivies d'effet, appellent à la vigilence la société civile, les victimes de violations et tous les secteurs intéressés, pour que le procès de Raboteau corresponde aux sacrifices des victimes tombées pour la démocratie.

Les organisations haïtiennes des droits de l'homme recommandent la nomination, dans le meilleur délai, d'un commissaire du gouvernement assisté d'une équipe technique, capable de bien maîtriser le dossier avant la tenue du procès. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées dans ce massacre perpétré par des militaires et des membres de l'organisation duvaliériste FRAPH.

Le Ministre Haïtien de la Justice, Camille Leblanc, a accueilli favorablement, le 24 avril, les propositions des organisations de défense des droits humains relatives au bon déroulement du procès du massacre de Raboteau.

Ces organisations dont la Coalition Nationale des Réfugiés Haïtiens (NCHR), la Plate-Forme des Organisation Haïtiennes des Droits de l'Homme (POHDR) et MAP VIV ont suggéré au Ministre de la Justice la mise en place d'une équipe technique qui aurait pour mission d'encadrer le commissaire et le juge chargés de préparer le processus. "Je suis d'accord avec cette proposition au point que j'invite les dirigeants de ces organisations à me soumettre des noms de citoyens pour faire partie de cette équipe", a fait savoir le Ministre Leblanc, soulignant que ces personnalités devraient pouvoir jouer convenablement leur rôle dans le cadre du procès.

Le titulaire de la Justice a par ailleurs indiqué, que les préparatifs du procès avancent de façon satisfaisante. Les Juges de la Cour de Cassation ont déjà tenu un audience sur le recours en appel de 9 personnes accusées d'implication dans ce massacre, a souligné Me Leblanc, précisant que les assises relatives à cette affaire seront organisées après l'arrêt de la pus haute cour judiciaire du pays.

Rappelons que plus d'un vingtaine de personnes avaient été tuées lors du massacre de Raboteau (Gonaïves). Dans un rapport remis aux autorités du pays, la Commission Nationale Vérité et Justice (CNVJ), créée après le retour à l'ordre constitutionnel ent 1994, estime que les militaires et leurs complices n'avaient pas agi de façon isolée à Raboteau, mais sous le commandement de leurs supérieurs hiéarchiques à Port-au-Prince. Selon des organisations de défense des droits de l'homme dont JILAP et la Fondation 30 Septembre, la répression qui s'exerça de manière journalière à l'époque du coup d'Etat de 1991, avait atteint sa vitesse de croisière à Raboteau.