Une page de l'histoire cinématographique du pays se tourne avec la fermeture du Centre Pétion-Bolivar qui s'était en partie spécialisé dans la production de films et de documentaires sur Haïti.
« Après 34 ans, je suis contraint de fermer définitivement les portes du centre. La situation sanitaire, sécuritaire et socio-économique est à l'origine de cette décision et puis avec l'âge, il y a lassitude et l'incertitude sur l'avenir du pays » a expliqué le cinéaste Arnold Antonin ce vendredi sur les ondes de Radio Métropole.
Depuis le mois de mars, le centre était resté fermé pour des raisons sanitaires liées à l'épidémie de coronavirus.
Il ne semblait plus possible aux dirigeants de le faire fonctionner, alors que beaucoup de jeunes qui le fréquentaient, répugnaient à se protéger contre la maladie.
« Le centre Pétion-Bolivar hébergeait nombre d'activités culturelles à but non lucratif ayant rapport avec le cinéma, aidait et recevait des organisations de jeunes. Le fermer un crève-cœur », assure Arnold Antonin.
Cette structure dont le nom rendait hommage aux liens entre Alexandre Pétion et Simon Bolivar avait initialement pour but de faire la promotion de la culture latino-américaine dans le pays. Peu à peu il s'était aussi impliqué dans des activités culturelles et sociales.
Il s'agissait d'une structure ouverte où l'on pouvait débattre de sujets d'intérêt national ou encore suivre des cours d'Espagnol. Parallèlement à ces activités, le centre avait produit une cinquantaine de films ou de documentaires sur Haïti dont beaucoup avaient reçu des prix internationaux.
Aujourd'hui, Arnold Antonin s'interroge, il dit avoir reçu des propositions pour faire revivre le Centre. Il annonce qu'il prendra une décision très prochainement.

AL / radio Métropole Haïti