L'économiste Kesner Pharel estime que les interventions à deux reprises cette semaine, du ministre du commerce et de l'industrie, Jonas Coffy ont engendré une détérioration considérable du climat des affaires dans le pays :
« Le ministre Coffy n'a pas fait un travail positif pour le gouvernement qui a pourtant besoin de stabilité dans l'optique des élections. Ses menaces envers les propriétaires de stations service qui protestaient contre la suppression de la ristourne, ou son intervention à Canez Construction ont alarmé le milieu des affaires. »

Dans une économie moderne, l'état doit intervenir avec précaution et bannir toute approche agressive susceptible de faire fuir les investisseurs a-t-il affirmé ce vendredi, durant le journal du matin de Radio Métropole.
Vue la faiblesse de l'investissement public au sein du budget 2020-2021, il faut éviter d'effrayer le secteur privé qui peut pallier à cette déficience, a insisté l'économiste.
Des actions brusquées et donc artificielles, comme les coups de force du ministre ne peuvent pas donner de bons résultats à long terme, selon lui :
« Aujourd'hui, les responsables haïtiens doivent prendre conscience qu'il leur faut créer un climat qui encourage le travail, car sans investissement il n'y a pas d'emploi. »

L'économiste qui fait un parallèle entre la situation haïtienne et celle de la République Dominicaine, déplore qu'Haïti ne soit pas capable de gérer convenablement ses problèmes électoraux et ensuite de se projeter vers l'avenir, contrairement à la république voisine. Actuellement, les investisseurs internationaux observent Haïti avec une certaine incompréhension et ce n'est pas bon pour le pays, conclut-il.

AL / radio Métropole Haïti