De plus en plus, franchir le cap du Sénat de la République parait illusoire pour le Premier ministre nommé, Fritz William Michel.

La machine à terreur mise en branle par les sénateurs de l'opposition le 11 septembre dernier, pour barrer définitivement la voie à Jovenel Moïse, n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. D'ailleurs, la crise de carburant qui perdure depuis plusieurs semaines, énervant ainsi une grande partie de la population dont les déplacements, voire le fonctionnement, sont quasi-totalement limités, semble conforter les opposants dans leur conviction que le président de la République ne peut pas diriger.

Quoiqu'investi de la confiance des députés, les chances du prétendant à la Primature s'amenuisent à mesure que les heures passent.

Après le scandale d'octroi présumé de pot-de-vin à des sénateurs en vue de sa ratification, Fritz William Michel est à nouveau en mauvaise posture : son nom est cité dans une affaire de surfacturation du prix de cabri que sa compagnie, AGRISOL S.A, aurait vendu à l'Etat. Depuis que l'opposant farouche à Jovenel Moïse, le sénateur Youri Latortue, a jeté le pavé dans la marre, le Premier ministre nommé est devenu la risée des réseaux sociaux.

Une fois de plus Fritz William Michel se retrouve en position défensive. Alors que ce dernier aurait pu, après l'échec de sa ratification au Sénat, prendre son bâton de pèlerin pour tenter de convaincre les intransigeants et les indécis, il s'efforce aujourd'hui à donner des explications à une population qui n'est apparemment peu disposée à l'écouter.

Quelle est la stratégie que l'Exécutif mettra en place pour opérer le miracle de la ratification ? Mieux encore, a-t-il une stratégie ? Des interrogations qui demeurent sans réponse. Entretemps, au Grand corps, les stigmates des militants politiques sont encore visibles. Aucune communication de la part du bureau présidé par le sénateur Carl Murat Cantave qui, à l'évidence, est dépassé par les événements.

D'aucuns se demanderaient qui pourrait faire preuve de leadership face à des élus dont l'agenda parlementaire ne privilégie pas la dialectique mais la force brutale.

En tout cas, plus le temps passe plus l'étau se resserre autour du président de la République, Jovenel Moïse, dont certains proches espèrent déjà voir diriger le pays par décret d'ici le 2ème lundi de janvier 2020.

Encore un scénario improbable, puisque les détracteurs du 58ème occupant du Palais national objecteront certainement que, Jovenel Moïse qui n'a pas su mettre en place les conditions nécessaires à la tenue des élections 0ctobre 2019, ne pourra bénéficier de ses propres erreurs. Sur tous les tableaux, l'espoir est moins qu'en demi-teinte.

GEA/Radio Métropole Haïti