Le bilan des actions du pouvoir législatif n'a pas été présenté lors de la clôture de la deuxième session ordinaire de l'année législative le lundi 10 septembre 2018. Le président de l'Assemblée Nationale, Joseph Lambert, dans son discours de circonstance a expliqué que le fonctionnement du Sénat avait été perturbé suite au transfert de l'enquête sur la gestion des fonds de Pétrocaribe à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA).

Le Grand Corps avait été fragilisé en raison de profondes dissensions provoquées par cet épineux dossier. Les sénateurs modérés et de l'opposition avaient dénoncé la tenue d'une séance irrégulière et nocturne ayant permis à la majorité d'adopter une résolution pour le transfert du dossier.

Entre temps plusieurs membres de la majorité ont abandonné le bloc présidentiel et mis en place le groupe des sénateurs pour l'équilibre politique (GSEP).

C'est la première fois que le président de l'assemblée nationale ne présente pas le bilan des actions d'une session. L'un des sénateurs du parti au pouvoir a admis que le bilan de la session écoulée était très maigre.

La session a été marquée par un absentéisme élevé et une faible activité législative au Sénat et à la chambre des députés. Le 3 juillet 2018, le Sénat a approuvé deux projets de loi sur la promotion de la culture et sur l'accès des personnes handicapées aux bâtiments et aux installations. Le 4juillet 2018, le Grand Corps a adopté un projet de loi sur l'encadrement des enseignants. Le 7 août, le Sénat a adopté un projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Conseil national d'assurance judiciaire.

En ce qui a trait à la Chambre des députés, les élus ont adopté le 24 juillet 2018 un projet de loi sur la création d'un fonds pour les personnes handicapées et un projet de loi organique du Ministère de l'environnement.

Les commissions permanentes dans les deux chambres ont réalisé plusieurs auditions dans le cadre de leurs prérogatives de contrôle. Plusieurs ministres ainsi que le chef de la police avaient répondu aux questions des législateurs.

Le président du Sénat a regretté les menaces contre le pouvoir législatif. Ces menaces qui ont pris une grande ampleur après les émeutes du 6 juillet 2018, ont empêché aux élus d'avoir la sérénité indispensable à l'accomplissement de leur tache.

LLM / radio Métropole Haïti