Le président de la chambre des députés, Gary Bodeau, dénonce l'acharnement de plusieurs secteurs contre les législateurs. Prenant la défense de ses pairs le député de Delmas, a rejeté les arguments déniant aux législateurs le droit de s'impliquer dans la désignation des ministres.

Les députés n'entendent nullement céder leurs prérogatives constitutionnelles à d'autres leaders de la société civile.

Dans une réplique aux élites économiques, le président de la chambre basse soutient qu'il serait préférable que des postes importants de l'administration publique soient confiés à des personnalités compétentes proches des couches populaires. Si un membre du secteur privé veut nommer le directeur de l'administration des Douanes on comprend mais pourquoi ce poste ne peut être accordé à un fils du peuple, lance M. Bodeau accusant les représentants du secteur économique de vouloir « envahir » l'état. Il veulent avoir des contrats juteux et écarter les parlementaires. Ils ont déjà des contrats pour commander des tankers d'hydrocarbures et d'autres contrats de plus de 400 millions de dollars américains, révèle t- il.

M. Bodeau affirme haut et fort qu'il n'a pas peur d'être impliqué dans la désignation d'un ministre. Toutefois il assure qu'en tant que président de la chambre basse il doit garder une position de neutralité.

Les groupes politiques à la chambre basse doivent être impliqués dans les négociations pour la désignation des membres du gouvernement, a laissé entendre M. Bodeau.

Le parti politique du Premier Ministre désigné, Jean Henry Céant, ne compte que 3 membres à la chambre des députés. Il devra négocier avec avec les élus qui proviennent de 25 formations politiques, explique M. Bodeau.

Il n'écarte pas la possibilité pour que les 48 députés ayant accompagné le président Moïse lors de la campagne électorale puisse réclamé des portefeuilles ministériels.

Il prévient que la déclaration de politique générale du Premier Ministre risque d'être rejetée s'il s'avise de former son gouvernement uniquement avec des personnalités désignées par les détracteurs des parlementaires.

LLM / radio Métropole Haïti