L'épineux dossier du salaire minimum, redouté par les dirigeants politiques et les leaders du secteur privé, est entré dans une nouvelle phase hier avec la répression des manifestants. Plusieurs centaines d'ouvriers n'ont pu réaliser la première d'une série de manifestations pour réclamer un salaire minimum de 1 000 gourdes.

Les ouvriers, qui s'apprêtaient à libérer leurs collègues dans quelques usines de la Sonapi, ont été bloqués par les agents de la Compagnie d'Intervention et de Maintien de l'Ordre (CIMO). Des ouvriers rapportent que plusieurs dizaines de camarades ont été blessés ou ont eu des malaises lors de l'intervention des forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de matraques.

Des leaders du mouvement accusent le Directeur de la Société Nationale des Parcs Industriels (SONAPI) d'avoir programmé cette intervention pour intimider les manifestants et empêcher les ouvriers de quitter les usines.

Au cours des dernières semaines les forces de l'ordre avaient annoncé que les manifestants ne pourraient plus emprunter le boulevard Toussaint Louverture.

L'un des dirigeants de syndicat, Dominique Saint Eloi, déplore l'intervention brutale de la Police qui a empêché le déroulement de la marche. Toutefois il annonce la poursuite du mouvement de protestation au cours de cette semaine. Nous sommes prêts à lancer la révolution des ouvriers, dit-il dénonçant la violence des policiers.

Les ouvriers réclament un salaire minimum journalier de 1,000 Gourdes et des avantages sociaux notamment le transport, des cartes d'assurance santé et des logements sociaux.

LLM / radio Métropole Haïti