L'association haïtienne des professionnels de la musique qui a gagné en 2015 l'appel à proposition du fonds international pour la diversité culturelle de l'UNESCO grâce auquel elle a pu, avec le soutien d'autres partenaires financiers et opérationnels, mener à bien une de cartographie de l'industrie haïtienne de la musique pendant plus d'un an, a clôturé le projet par une table ronde qui a accueilli une cinquantaine de professionnels de la musique et plusieurs parlementaires de la commission culture.

Afin de recueillir des données quantitatives, le projet comportait la mise en oeuvre d'enquêtes de terrain menées dans 6 départements du pays (l'Artibonite, le Centre, le Nord, l'Ouest, le Sud et le Sud-Est, ainsi que la diaspora grâce à un questionnaire en ligne). Au total, 1520 professionnels pratiquant 35 métiers différents ont été enquêtés. En complément, 7 focus groups ont été réalisés en vue d'obtenir des données plus qualitatives sur le secteur. Parallèlement, une série d'entrevues avec un dizaine de personnes-ressources ont permis de réunir des informations spécifiques. Aujourd'hui, le secteur possède donc une base de données chiffrées et des informations détaillées qui pourront servir de fondement pour un travail à long terme.

A partir des résultats des enquêtes et des focus groups, la table ronde du 25 mai visait à interroger plus précisément les professionnels du secteur (dont une vingtaine venait de la province) pour obtenir leurs recommandations sur différents points qui seront intégrées dans le rapport final qui permettra une meilleure connaissance de la chaîne de valeur de l'industrie musicale, une meilleure prise en compte de ses spécificités par l'Etat et une (re)valorisation du secteur dans son ensemble.

Les recommandations s'adressent aussi bien aux acteurs du secteur qu'à l'Etat, à court, moyen et long terme. Il peut s'agir par exemple de la création d'antennes d'Ayiti Mizik en province ou de l'instauration de bourses ou de prix de reconnaissance (award) par les acteurs de l'industrie de la musique, mais aussi de la révision du décret-loi portant sur le droit d'auteur, de la construction de salles de spectacles adaptées ou encore du lobbying en faveur de l'éducation musicale et de la formation des jeunes professionnels.

Le rapport final en tant que tel, un document de 120 pages, sera imprimé et distribué d'ici la fin du mois de juin. Une version électronique sera également disponible et accessible sur le site de l'association www.ayitimizik.net.

Outre la subvention du fonds international pour la diversité culturelle de l'UNESCO, le projet de cartographie de l'industrie haïtienne de la musique a reçu le soutien financier de partenaires-clefs tels que l'Organisation Internationale de la Francophonie, l'Ambassade de Suisse en Haïti, la FOKAL et la Fondation Lucienne Deschamps. Il a bénéficié du soutien opérationnel du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère du Tourisme et des Industries créatives, du Centre de Facilitation des Investissements, de l'Institut Français et le réseau des Alliances Françaises en Haïti, du Nouvelliste et de Radio Télé Métropole.

EJ/Radio Métropole Haïti