Des milliers d'individus ont manifesté une fois de plus à Miragoâne, ce mercredi, pour exiger l'arrestation et le jugement des assassins d'un militant politique, Fritz Gérald Civil, tué vendredi dernier par des agents de l'UDMO.

Les manifestants ont lancé des slogans hostiles aux policiers accusés d'abattre le jeune militant. Ils ont rappelé que M. Civil a été maîtrisé par des balles aux pieds avant d'être exécuté.

Ils accusent le délégué départemental des Nippes, Alex Tropnas, qui, selon eux, aurait commandité le crime.

M. Civil a été assassiné, parce que c'est un homme influent et de bonne réputation, donc un adversaire redoutable dans les prochaines législatives et municipales annoncées pour octobre 2014, ont dit les manifestants.

La population de Miragoâne, en colère, promet de rester mobilisée jusqu'à l'arrestation et le jugement des bourreaux de Fritz Gérald Civil.

L'ex-sénateur Edgard Leblanc Fils, dans un communiqué, a qualifié d'acte criminel, inutile et barbare, la mort de ce jeune garçon. Il a lancé un appel aux autorités afin que les criminels soient arrêtés et déférés par-devant la justice.

L'ancien sénateur explique que tout ceci est arrivé par le comportement insouciant des autorités qui privent la population depuis environ un an de l'eau potable. L'alimentation sporadique et arbitraire en électricité achève d'exacerber ses frustrations. Par ses franges juvéniles plus portées à l'action militante qu'à la résignation, la population manifeste violemment sa colère en bloquant les voies d'accès de la ville et paralysant ainsi toutes les activités. L'absence manifeste des autorités civiles et la réaction brutale des autorités policières ont provoqué la mort d'un jeune élève de 19 ans.

M. Leblanc condamne le manque de volonté des autorités d'apporter des solutions aux problèmes auxquels la population se trouve confrontée. « Les autorités laissent à la police la charge ingrate de résoudre des situations qui ne relèvent pas de sa mission qui est de « protéger et de servir », non de réprimer, voire de tuer », indique-t-il, expliquant que la violence d'État engendre nécessairement la violence populaire et conduit par voie de conséquence à l'anarchie et au chaos.

MJ/Radio Métropole