La communauté de Las Maltas, en République Dominicaine est, depuis le 18 mars 2014, le théâtre de vives tensions suite à un incident opposant un migrant haïtien à un citoyen dominicain, a appris le Groupe d'Appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR).

Le ressortissant haïtien connu sous le nom de Tikito avait été engagé à réaliser des travaux pour le compte de Tchelen Detre qui aurait été le second maire de la ville de Las Maltas. Au moment de régler les comptes, M. Detre lui a donné 450 pesos tout en lui demandant de revenir récupérer un autre jour les 550 pesos restants. Ce qui a provoqué de vives discussions entre eux.

C'est à ce moment que le maire a dégainé son pistolet et a tiré une balle que l'Haïtien a reçue en pleine poitrine. Du même coup, Tikito a riposté en lui donnant un coup de machette à la tête, selon les témoignages de plusieurs ressortissants haïtiens.

Les deux blessés furent conduits à l'hôpital le même jour pour les soins nécessaires. Malheureusement, suite à ses blessures, l'ex maire est décédé le jour suivant soit, le mercredi 19 mars 2014.

Depuis cette date, une chasse aux Haïtiens a commencé à Las Maltas. Selon les témoignages des immigrants haïtiens qui ont fui la violence qui sévit dans cette ville contre eux, plusieurs personnes auraient été tuées et plus d'une dizaine de maisons appartenant à des ressortissants haïtiens ont été incendiées.

Une mère qui s'enfuyait avec son bébé aurait été dépossédée de l'enfant qui aurait été décapité en sa présence.

Par peur de représailles, beaucoup de ressortissants/tes haïtiens ont traversé la frontière par Saltadère, Tilori, Savane à Cloux dans la commune de Thomassique.

A Savane à Cloux, le GARR a déjà reçu 34 personnes dont 14 enfants et un bébé de 15 mois blessé pendant la fuite et qui a reçu les premiers soins à l'hôpital Saint Joseph de Thomassique.

Onel Pierre, originaire de Petite Rivière de l'Artibonite aurait été brulé avec sa maison a confirmé sa femme Edithe Elie originaire, elle aussi de l'Artibonite.

Ce nouvel incident survient dans un contexte très difficile où les droits des immigrants haïtiens et de leurs descendants sont gravement fragilisés suite au prononcé de l'Arrêt 168-13 de la République Dominicaine rendant apatrides des milliers de Dominicains d'ascendance haïtienne.

Le GARR condamne ces comportements qui s'attaquent à des innocents sans défense et exhorte les autorités haïtiennes à demander au gouvernement dominicain de prendre ses responsabilités pour assurer la sécurité des travailleurs migrants haïtiens continuellement exposés à des violences de toutes sortes en République Dominicaine.

L'organisation de défense des droits des migrants estime que les autorités dominicaines doivent prendre des mesures nécessaires pour diligenter une enquête sérieuse en vue d'identifier les coupables de ces violences qui devront répondre de leurs actes par devant leurs juges naturels.

Cet énième incident montre encore une fois combien il est important pour le gouvernement haïtien d'agir pour le bien-être de ses citoyens afin qu'ils ne soient pas obligés d'aller risquer leur vie en République Dominicaine.

Source : GARR

Crédit photo : Hispanos del mundo