L'installation prochaine de 105 km de fibre optique dans le sud d'Haïti renforcera la capacité du pays à entreprendre le maillage numérique du territoire. Mais l'accès aux services et autres opportunités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), en sera-t-il facilité et les investissements directs stimulés pour autant ?

Avec la signature d'un nouveau contrat d'un montant de 2,9 millions d'euros (3,9 millions de dollars US) pour le déploiement d'un câble de fibre optique souterrain dans le sud d'Haïti, Ezentis, consolide sa position de leader sur le marché haïtien des NTIC.

"Le contrat a une durée de six mois et s'ajoute à celui que l'entreprise a obtenu en juillet dernier pour 1,2 million de dollars, ce qui porte le montant total des deux contrats à 5,1 millions de dollars US", lit-on dans un communiqué diffusé par la compagnie espagnole.

Ezentis, présente en Haïti depuis deux ans et responsable de l'entretien de tout le réseau câblé de fibre optique du pays, peut se prévaloir d'un portefeuille de 288 millions d'euros à la fin de l'exercice du premier semestre de l'année 2013.

La société européenne se concentre sur la mise en œuvre de son Plan stratégique 2013-2015, dont le principal objectif est d'accroître sa présence en Amérique latine et d'y amplifier le déploiement et la maintenance de réseaux de câbles de fibre optique.

Récemment, le Conseil national des Télécommunications (CONATEL) avait conditionné le maillage numérique du territoire à l'accès aux services et opportunités offerts par les nouvelles Technologies de l'information et de la communication.

Un accès qui, d'après le CONATEL, passe nécessairement par :
- la création des infrastructures technologiques, soutenues par la 'Large Bande';
- le développement de nouveaux services et de la société de l'information, capables d'assurer la connectivité de l'administration publique, des écoles, des bibliothèques, des centres communautaires ;
- l'exploitation maximale de la fibre optique de la Natcom ;
- la meilleure gestion du système de fréquence.

Le 20 juillet dernier, le secrétaire général de l'Union Internationale des Télécommunications (UIT), Hamadoun Touré, signait un protocole d'accord liant l'Uit et le Conatel dans le cadre d'un processus devant faciliter le passage aux télécommunications numériques d'ici 2015.

Cette initiative avait été précédée le 17 avril dernier par la réalisation d'une grande première en Haiti avec la collaboration du Massachusetts Institute of Technology (MIT): le couplage de la technologie et des ressources éducatives en ligne, dans la langue nationale d'Haïti, le créole.

"En exploitant la technologie, des ressources éducatives ouvertes et la langue nationale d'Haïti, cette initiative contribuera à moderniser et démocratiser l'éducation en Haïti" avait soutenu le Premier ministre Laurent Lamothe, soulignant que pour Haïti, "les partenariats les plus productives impliquent, une collaboration à long terme, mutuellement enrichissante".

Ce premier couplage, conduite dans le cadre du « MIT-Haiti Initiative », avait été qualifié "d'approche historique" par le Chef du Gouvernement, "dans la perspective d'amélioration de l'enseignement scientifique élaboré et diffusé en créole". Cet exercice avait bénéficié d'un financement d'un montant total de 1,310,811 dollars américains, dont 1 million de la « U.S. National Science Foundation » et des dons du corps professoral et du personnel du MIT, entre autres contributeurs.

"Des investissements comme celui-ci, tirant parti des nouvelles technologies numériques pour le renforcement des capacités et le développement socio-économique durable, préparent les haïtiens à se tenir debout par leurs propres moyens", avait souligné le Premier ministre.

L'accès aux câbles sous-marins à fibre optique, de l'avis des experts, est essentiel dans le développement numérique d'un pays. Ils permettent de tisser des liaisons intercontinentales et donc d'impulser le développement de l'économie numérique.

A l'horizon 2015, chaque pays devrait disposer, selon l'Union internationale des télécommunications (UIT), d'un plan national ou d'une stratégie pour la ‘large bande', ou inclure la ‘large bande' dans sa stratégie globale d'accès et de service universel.

Un deuxième objectif vise à rendre abordables les coûts de la ‘large bande'. Le défi étant de réussir à connecter 40% des foyers des pays en développement au haut débit.

HA/Radio Métropole Haïti

Credit-photo : education-haiti.blogspot.com