Au camp du collège St-Louis Gonzague, qui abrite plus de 10, 000 personnes. l'institution, n'a pas pu assurer la rentrée scolaire prévue le 5 avril dernier à cause de cette occupation. Des responsables indiquent que l'institution ne veut plus prendre de retard, qu'il faut évacuer et déplacer les sinistrés vers d'autres lieux.

Rappelons qu'il ne s'agit pas d'une décision surprise et que les réfugiés de ce centre d'hébergement, sur les terrains privés de l'institution, sont au courant de cette position, qu'ils refusent pour la plupart d'entendre, depuis le 20 février dernier.

Toutefois, la tâche s'avère d'autant plus difficile que le camp est déjà fortement organisé. A St-Louis, Médecins Sans Frontières a installé un hôpital de campagne et des latrines. «Si les réfugiés sont déplacés, il faudra tout recommencer. Nous allons voir ce que fait le gouvernement et nous réagirons ensuite. Il n'est pas question de se préparer à un déplacement de St Louis» précise Salha Issoufou, le chef de mission MSF Haïti qui est formel «ce n'est pas dans notre nature d'aider les déplacements de population».

En partenariat avec l'OCHA (office de coordination des affaires humanitaires), le gouvernement haïtien vient de signer un décret qui définit deux sites de camps organisés pour accueillir les indésirables. Le premier, à Corail est situé à une vingtaine de kilomètres en périphérie de la ville sur 7.500 hectares est capable d'accueillir jusqu'à 250.000 personnes, il est constitué de tentes et d'abris en bois et en tôles, disposera d'une école, de multiples douches et sanitaires, ainsi que de plusieurs services (santé, assainissement, etc.) assurés par différentes ONG. Le deuxième n'est pas encore prêt.

Les départs seront volontaires, promet l'OCHA (comme pour le camp de Pétionville dont le déménagement devrait, en principe, commencer samedi prochain). Mais beaucoup de réfugiés ne sont pas prêts à l'entendre ainsi, ce départ vers un camp inconnu, le manque de garantie (?), effraient les réfugiés qui refusent de partir, bénéficiant, malgré les conditions de vie précaire, d'une meilleure qualité de vie que dans les bidonvilles et ils se sentent en sécurité dans le camp de St-Louis Gonzague.

N/ Radio Métropole Haïti