Intervenant le vendredi 11 août au Sénat de la République autour de la détérioration du climat d'insécurité notamment à Port-au-Prince, Jacques Edouard Alexis a annoncé officiellement la décision prise par son gouvernement de mettre sur pied une gendarmerie nationale. Le premier ministre haïtien dit reconnaitre que la Police nationale d'Haïti (PNH)n'a pas les moyens nécessaires pour affronter les groupes armés qui terrorisent la population. "Il nous faut une nouvelle force qui serait chargée de garantir la paix dans le pays", a-t-il déclaré.

L'idée de mettre sur pied une gendarmerie nationale dans le pays avait été évoquée par le chef de l'Etat haïtien René Préval, quelques jours avant sa prestation de serment, le 14 mai 2006. Le président Préval, lors d'une tournée en Amérique Latine, avait souhaité également le maintien en Haïti des troupes de la Minustah (Mission onusienne de stabilisation) tout en s'opposant à la reconstitution des Forces armées d'Haïti (FADH).

L'ex-colonel Himler Rébu demande au gouvernement Préval/Alexis de respecter les prescrits constitutionnels en réhabilitant les FADH en lieu et place de la gendarmerie. Selon M. Rébu, la création d'une nouvelle force qui n'est pas prévue dans la constitution haïtienne en vigueur devrait être le fruit d'un consensus entre les secteurs de la société. "La constitution haïtienne de 1987 reconnait l'existence de deux forces: Les forces armées d'Haïti et la Police nationale", rappelle Himler Rébu.

L'ex-officier des Forces armées d'Haïti prévient que le pays pourrait connaitre une nouvelle crise avec la mise en place d'une gendarmerie nationale.