Les avis sont partagés entre partisans et opposants du vaudou sur la décision présidentielle adoptée le 4 avril 2003. Cet arrêté précise “ qu’en attendant une loi relative au statut juridique du vaudou , l’Etat haitien le reconnaît comme religion à part entière “.

Les pratiquants voient dans la mesure gouvernementale une démarche qui vient réhausser l’image du vaudou en Haïti considéré depuis bien longtemps comme une religion d’exclus. Ils déclarent que c’est Legba qui a inspiré à Jean Bertrand Aristide de prendre cet arrêté. Cette décision ne fait pas l’unanimité . Un autre groupe de ciyoyens critiquent cette mesure qu’ils qualifient de résurrection d’une culture ancienne qui commençait à perdre pied dans le pays. D’autres ont souligné que cet arrêté est une manière pour le président de gagner la confiance des vaudouisants en vue de revigorer sa popularité.

La mesure prise par le président Aristide , ancien prêtre , aujourd’hui marié et père de famille , accorde au houngan, prêtre du vaudou, le droit de prêter serment devant le doyen du Tribunal civil. Elle lui octroie également le privilège de célébrer les mariages, baptêmes et funérailles comme les officiants catholiques et protestants. Le quotidien “ Le Nouvelliste “ avait rapporté la célébration, le 15 mars dernier , d’un mariage dans un temple vaudou à Port-au-Prince,le premier dans l’histoire du pays à être enregistré par l’état-civil.

Le vaudou, pratiqué par une bonne partie de la population, est contesté par les Eglises catholique et protestante. Il a été introduit en Haiti au 16ème siècle avec l’arrivée des esclaves africains suite à l’extermination des Indiens par les envahisseurs Espagnols et a joué un rôle déterminant dans le rassemblement des insurgés à l’occasion de la guerre de l’Indépendance haitienne à la fin du 18ème siècle contre le colonialisme français. Les vaudouisants ont été persécutés à plusieurs reprises durant l’histoire du pays et le vaudou a été utilisé, en maintes occasions , comme arme politique en particulier sous la dictature des Duvalier ( 1957-1986) .