Note de presse d'Amnesty International en date du 30 mars 2000:

Amnesty International est préoccupée par des rapports de manifestations violentes à motivation apparemment politique, organisées par des individus appelant, parmi d'autres demandes, à la démission du Conseil Electoral Provisoire d'Haïti. Selon les informations reçues, au moins six personnes auraient été tuées, et d'autres blessées,

Des membres d'un parti de l'opposition ont déclaré qu'ils ont été attaqués par un groupe d'hommes armés pendant qu'ils distribuaient des brochures, à Port-au-Prince, le 29 mars. Le 28 mars, en dehors de la capitale, un candidat d'un autre parti d'opposition et sa femme, auraient été tués par balles par des assaillants non-identifiés, évènement qualifié par les dirigeants du parti, d'assassinats politiques.

Le 27 mars, des manifestants, parmi lesquels certains se revendiquent liés au parti Fanmi Lavalas, ont mis feu à des pneus sur des barricades dans Port-au-Prince, et le marché central a été incendié. Selon des informations, des personnes auraient été tuées.

Amnesty International rappelle au gouvernement haïtien ses obligations, sous la loi haïtienne et internationale, d'assurer la sécurité de ses citoyens. L'organisation est préoccupée par des rapports selon lesquels la réponse de la Police Nationale d'Haïti aurait été insuffisante pendant les perturbations. Amnesty International fait appel à la Police Nationale d'Haïti pour excercer ses fonctions de maintien de la sécurité publique d'une façon professionnelle et impartiale.

L'organisation encourage vivement les dirigeants des partis politiques à s'assurer que leurs partisans s'abstiennent d'utiliser la violence dans la poursuite de leurs objectifs politiques, afin que le processus électoral, déjà en cours, puisse se poursuivre de manière ouverte, transparente et paisible.