D'après le calendrier électoral, jusqu'ici non encore officiel soumis par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) de Ernst Mirville, les partis politiques impliqués dans le processus électoral devront attendre jusqu'au 5 octobre pour entamer leur campange de charme auprès de l'électorat haïtien. Mais la Fanmi Lavalas, dont le leader reste jusqu'ici le principal favori, s'est déjà lancé en grande pompe en campagne, même avant la date fixée par l'institution électorale. Et ceci, malgré l'avortement de la manifestation du 11 septembre à Saint Jean Bosco, où l'ancien prêtre-président, actuel candidat, avait brillé par son absence, laissant ainsi plusieurs sympathisants sur leur faim. Déjà on ne peut que constater un peu partout à Port-au-Prince, les vestiges du décor qui allait perturber le 21 mai, et qui cède la place à celui qui servira de guide lors de la présidentielle de novembre.

Décor, qui justement, on se le rappelle, faisait fi des prescrits du code d'éthique électoral élaboré par le CEP et dont l'application n'avait depassé en rien et en aucun cas les limites de l'entrée principale du Conseil Electoral Provisoire (CEP), sis à Delmas .

Du code d'éthique justement, c'est comme s'il n'en était rien pendant tout le déroulement du processus électoral dès sa publication jusqu'à la réalisation des élections. Bref, du temps de l'énergie et de l'argent consacré à son élaboration perdu, des journées de discussions qui ne se rattraperont jamais.

En première loge, les banderolles de fanmi Lavalas placent Jean Bertrand Aristide au devant de la scène les bras ouverts, derrière lui une foule en liesse, et sur ces mêmes banderolles on peut lire « Titid nou renmen ou, 2001 ap bon »(Titid, nous t'aimons, 2001 sera bien).

Faut-il encore souligner que deux mois avant la tenue de la présidentielle de novembre, curieusement, aucun autre candidat à la présidence ne s'est encore manifesté, une première dans les annales présidentielles du pays, alors que le Chef de l'Etat avait prédit il n'y a pas longtemps, une présence importante de candidats à la prochaine course.

Ces dernières semaines, le bruit courait autour de la candidature de Turneb Delpé, allégation vite rectifiée par le concerné lui-même. L'ancien gouverneur de la Banque Centrale, Bonivert Claude, encore à l'étranger, est le seul jusqu'ici à ne pas démentir les rumeurs faisant état de sa candidature à la présidence.

Pendant ce temps, l'Exécutif et le CEP sont très actifs, question de respecter l'échéance constitutionnelle de novembre 2000, pour faciliter la passation de pouvoir le sept février.