Cette année encore la situation générale du pays est présente au carnaval , fête généralement considérée comme un moment de répit , de régal où les soucis de la vie quotidienne sont relégués au second plan. En 2002 , le coup d’envoi est donné par celui qui s’est auto-proclamé président du compas , Michel Martelly. Sweet Micky met en musique le scandale de riz qu’il présente sous haute sécurité.

Pour sa part, le chanteur de Satellite Band , Wilky Fortuna, on ne peut plus nationaliste s’en prend à l’impérialiste américain . Il appelle la classe politique a une prise de conscience pour sortir Haiti du bourbier. La crise électorale née du scrutin controversée du 21 mai 2000 , les interminables négociations Lavalas /Convergence sont entre autres les principales sources d’inspiration de nombreux groupes .

Kampèch , à l’instar de sa dénonciation de la grève des enseignants l’année dernière, s’en prend à l’Opposition . Toujours au rendez-vous avec son style particulier , Boukman fort de son “ eksperyans “ invite la population à se méfier des dirigeants politiques traditionnels . Ennemis en public , amis en privé , Boukman Eksperyans dénonce à babord et à tribord les corrupteurs qui ne sont autres que des “ move payas “ ( mauvaises herbes) . Chandèl qui depuis un certain temps s’est taillé une place de choix au carnaval revient cette année avec une description lamentable de la situation du pays détruit par ses fils désunis . Et en ce qui a trait à l’aide internationale à Haiti , le groupe parle de “ mannigèt” (hypocrisie). Mais pour Tokay , le problème d’Haiti n’est pas à rechercher à l’étranger .

Dans sa méringue , le groupe Rèv entend redonner l’espoir à toute une nation désemparée face à l’échec de toute une classe politique après 198 années d’indépendance . Rèv chante le rêve de tout un peuple , le groupe rêve de changement et de liberté. Et pour mettre tout le monde d’accord , Eddy Brisseau dans un style original tire sa trompette de l’étui pour dire tout haut ce que tant de gens disent tout bas . Dans un langage métaphorique le talentueux trompéttiste affirme que nous jouons faux . Autrement dit nous parlons un langage “kiki”.