Dans le cadre de la 3ème édition de la FILHA (Foire Internationale du Livre d'Haïti), la Bibliothèque Monique Calixte avait rendez-vous le jeudi 10 décembre avec l'écrivaine française Gisèle Pineau.

C'est face à un public de plus d'une cinquantaine de personnes que s'est déroulé ce riche moment d'échanges animé par Elizabeth Pierre-Louis Augustin. L'auteur a d'entrée de jeu parlé de son enfance de petite Guadeloupéenne, née à Paris, dont la condition de noire fera une victime du racisme. Une blessure qui a forgé sa vie : « Mon enfance compte beaucoup dans ce que je suis aujourd'hui… l'écriture m'a consolé de ce rejet», a-t-elle précisé.

En revenant sur le parcours militaire de son père qui fut affecté dans différents pays, Gisèle Pineau, qui s'est découvert également de nombreux frères et sœurs venus d'horizons divers, considère que cette diversité est peut-être ce qui fait qu'elle s'intéresse au monde et aux gens. Pour elle l'écriture est un moyen de rencontrer l'humanité. Revenant sur son parcours académique, elle a parlé de son métier d'infirmière en psychiatrie, du champ des possibilités que ce métier lui a ouvert en lui permettant de découvrir la psychologie des patients et la douleur des familles.

De ses livres, elle a parlé de « Mes quatre femmes » comme d'un retour à son passé, son histoire de famille. Ramenant l'échange sur le dernier livre de l'auteur : « Le voyage de Merry Sisal », Elizabeth Pierre-Louis Augustin lui demande à brûle pour point, pourquoi Haïti? Vu que le livre traite d'Haïti. Gisèle rapporte dans un premier temps son émoi à la nouvelle du tremblement de terre de 2010, son incapacité à écrire sur cette catastrophe comme on le lui avait demandé. Elle a cependant gardé Haïti en tête. La situation des Haïtiens travaillant à la Guadeloupe, le racisme dont ils sont victimes l'ayant toujours interpellée. Elle considère « Les voyages de Merry Sisal » comme une contribution de son amitié à Haïti.

EJ/Radio Métropole Haïti