Jacques Roche, enlevé le 10 juillet 2005 à Port-au-Prince, a été tué par ses ravisseurs. Son corps sans vie a été retrouvé, jeudi matin, au niveau de Delmas 2.

La nouvelle est confirmée par la porte-parole de la Police nationale, Gessie Cameau Coicou. Elle précise que le cadavre du journaliste a été transporté à la morgue de l’hôpital général de Port-au-Prince. Les ravisseurs de Jacques Roche lui auraient enlevé la langue avant de l’exécuter de plusieurs balles dans la bouche.

Responsable de la rubrique culture du quotidien \"Le Matin\" et animateur d’une émission sur une chaîne de télévision, Roche a été enlevé, le matin du 10 juillet, alors qu’il circulait en voiture dans le quartier de Nazon à Port-au-Prince. Les ravisseurs ont fait savoir à la famille du journaliste qu’ils le relâcheraient moyennant la somme de 250 000 $US, faute de quoi ils le tueraient. Au cours de la conversation, Roche a signalé qu’il avait été torturé.

Les journalistes haïtiens sont de plus en plus ciblés par les activistes armés pro-lavalas. La présentatrice du magazine hebdomadaire \"Métropolis\" à Radio Métropole, a été obligée de quitter le pays le 16 juin 2005 après avoir été menacée de rapt. Nancy Roc a récemment confié à RSF que 6 à 10 enlèvements ont lieu quotidiennement à Port-au-Prince. Le 11 juin, Richard Widmaier, directeur de Radio Métropole, a échappé de peu à une tentative de rapt.

Haïti est en proie à une vague d’insécurité sans précédent depuis septembre dernier. Selon l’agence Associated Press, plus de 700 personnes ont été tuées dont 40 policiers. Ces crimes sont bien souvent le fait des milices armées de Fanmi Lavalas, fidèles à l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, déchu en février 2004.